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COMITÉ DE LECTURE

Prix littéraire 2012

WIZO FRANCE - 18.06.2013

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REMISE DES PRIX LITTERAIRES

Chez Laurianne Boucris Un rituel à ne pas manquer, la remise des Prix Littéraires chez Laurianne Boucris. Laurianne nous accueille très chaleureusement dans une ambiance fort agréable. A cette occasion, le Comité de lecture remettait le Prix littéraire français, à Jean Touyarot, fils d’un juste qui protégea des juifs au sein de "L’HOTEL DES OMBRES", les sauvant ainsi de la barbarie nazie.
Un moment d’émotion et d’honneur que la Wizo a célébré autour des lectrices et auteurs, conviés chez Laurianne Boucris au cours du cocktail annuel, moment chaleureux de rencontres et de complicité.
Le prix israélien, "LE POETE DE GAZA" Ishai Sarid, représenté par sa traductrice Laurence Sendrowicz, témoignait de la difficulté des enquêtes du Shin Bet et des tensions qui animent les israéliens, au sein du conflit existentiel. Une poésie au sein d’un roman réaliste qui séduisit nos comités de lecture.
C’est autour d’un buffet royal de mets raffinés que nous nous sommes retrouvés pour clôturer cette soirée exceptionnelle.


Quelques mots sur nos livres lauréats !

L’Hôtel des Ombres, de Jean Touyarot

Prix littéraire Sous ce titre superbe, se cache l’histoire de l’hôtel Continental de Pau, racontée par le fils du gérant de l’époque, puisque précisément nous replongeons dans la période des années noires, temps de guerre, puis de relative autonomie (la zone « nono », non occupée), et enfin de catastrophe tant redoutée : l’arrivée des forces d’occupation, avec leur cortège de terreur, d’arrestations, de lâchetés en tout genre et aussi d’héroïsme…

- Épique, cocasse parfois malgré le caractère dramatique des événements, et surtout écrit dans une langue directe et chaleureuse, ce récit est un vibrant hommage au père du narrateur, qui sut avec modestie et courage cacher, sauver, exfiltrer, des dizaines de personnes menacées, juives et parfois non juives, sous les yeux candides de son fils de dix ans.
- L‘auteur fait exister avec jubilation cet hôtel que les collaborateurs désignaient par le vocable ô combien explicite de « Youpinental », et montre le vertigineux chassé-croisé qui s’organisait (volontairement ?) entre les Allemands, les Résistants, les réfugiés cachés dans les recoins du palace, et les clients… « normaux » si l’on peut dire. L’apitoiement n’est pas de mise, et le ton reste alerte et léger, sauf à la toute fin, quand le jeune narrateur comprend que la jolie Hélène Morgenstein, son béguin d’enfant, ne reviendra plus. Plus jamais. Là, le récit se fait grave, pudiquement, en laissant vibrer en nous les résonances sombres de la nouvelle qu’à vrai dire nous devinions.
- Aucun angélisme non plus : une fois l’Allemagne battue, tout ne redevient pas idyllique pour autant, car commence, comme il est dit justement « la guéguerre franco-française » (p. 228). C’est pourquoi on apprécie d’autant plus les intermèdes burlesques, comme le fameux « l’habit Bissi », qui n’a d’égal que son homologue « l’abbé Bessé » (p. 91) : la « BBC », tout simplement, diversement bien ou mal prononcée par l’entourage du narrateur…
- Ainsi, c’est à un récit de souvenirs généreux, courageux, pleins d’ombres et de lumières, réconfortants autant qu’émouvants, qu’est décerné notre prix WIZO ; c’est particulièrement appréciable en cette année où, dans notre « douce France », des enfants juifs, parce que juifs, sont tombés sous les coups d’un dément… le salut est là, où croît le danger. Il est bon, parfois, de le rappeler.

I.R. Casta