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Parité leadership/2

WIZO FRANCE - 10.02.2012

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Les femmes sont-elles éligibles au Consistoire ? A l’exception des Consistoires des Bas-Rhin, Haut-Rhin et de la Moselle, les femmes sont éligibles partout en France au sein des Consistoires. Leur éligibilité date de 20 ans pour Besançon ou d’une dizaine d’années pour le Consistoire de Paris à l’initiative de l’ancien Président Moïse Cohen.

Font-elles partie de toutes les commissions ? A priori oui, y compris les commissions cultuelles, concernant la religion et la nomination des rabbins. Le Grand Rabbin de Paris, Mr Messas est on ne peut plus clair à ce sujet : " Les femmes sont éligibles au Conseil d’administration du Consistoire de Paris et de ce fait participent à toutes les décisions du Consistoire. Elles font partie du collège électoral pour l’élection du Grand Rabbin de Paris et du Grand Rabbin de France ".

Peuvent-elles être Présidentes de commissions ? A priori oui, même si on n’en trouve pas beaucoup.

Peuvent-elles être Présidentes de Consistoires ? Il n’y a jamais eu de femmes Présidentes du Consistoire. " A cause de barrières religieuses, les femmes ne pouvant monter à la Thora par exemple ", relève le Président du Consistoire de Nice. Le fait de monter à la Thora à la synagogue est en effet, un honneur réservé aux hommes dont une femme Présidente (de communauté ou de consistoire) ne pourrait s’acquitter au sein des synagogues consistoriales. Mais ce point doit-il justifier leur mise à l’écart d’un organisme civil ? L’actuel Président du Consistoire de Paris, Mr Joël Mergui, précise encore : " En tant qu’association Loi 1905, elles pourraient se présenter ou être élues à la Présidence, mais la position du Grand Rabbin est de ne pas recommander une femme Présidente de Consistoire ".

Que faire pour que les femmes soient plus présentes dans les Consistoires ? D’abord, leur donner la possibilité d’être éligibles partout. Selon les femmes élues au Consistoire qui ont été interviewées, Mesdames Ayache (Dijon), Lise Darmon (Nice) et de Michèle Roitman (Paris), respectivement membres des Consistoires de Bourgogne, Alpes/Côte d’Azur et Paris. : s’impliquer, tenir tête, résister " au mépris et à l’incrédulité ", prouver qu’une présence féminine équilibre les décisions pour le bien de tous, assister aux réunions qui se prolongent tard dans la nuit, aller de l’avant.

Il s’avère aussi que, les 3 femmes du Consistoire, étaient déjà, d’une manière ou d’une autre, présentes voire actives au sein de leurs communautés ou d’autres institutions juives de France, comme le B’nai Brit par exemple. Elles avaient donc, d’une manière ou d’une autre, l’expérience d’un engagement communautaire au sens large ainsi que d’une implication dans une vie associative.

Y a-t-il des femmes au sein des bureaux et comités directeurs du CRIF ? Oui, mais elles ne sont pas encore suffisamment représentées au sein de la dizaine de délégations régionales que comptent le CRIF ainsi qu’au cœur de son institution nationale.

Elles comptabilisent au mieux un quart des membres du comité directeur du CRIF Rhône-Alpes ou de Marseille-Provence. Relevons, toutefois, qu’une femme de Nice, Mme Ouaknine, est Présidente du CRIF Var- Côte d’Azur et que le délégué de Franche Comté du CRIF, Mr F. Weill a délégué localement la représentativité à une femme, pour le Nord Franche-Comté.

A quoi est dû ce manque de représentativité au sein des instances dirigeantes du CRIF ? 3 facteurs généraux sont avancés auxquels s’ajoute une raison inhérente au fonctionnement du CRIF. Le fait que les femmes, prises par leur responsabilités familiales, ne s’investissent pas assez dans l’engagement institutionnel et en l’occurrence politique en ce qui concerne le CRIF ; l’image que se fait la société des femmes les confinant encore dans leurs rôles d’épouse et de mère, ne les imaginant pas suffisamment autonomes ou à la tête d’une délégation ; la combinaison de ces 2 facteurs, à savoir la représentation que se font les hommes des femmes et l’intégration de cette représentation par les femmes elles-mêmes.

Le Président national du CRIF, Mr Cukierman, rappelle que ce sont les Présidents d’associations qui votent et sont éligibles au sein des instances dirigeantes du CRIF. Or les Président d’associations étant généralement des hommes, il y a automatiquement peu de femmes candidates ou votantes.

Que préconisez-vous afin qu’il y ait une meilleure représentativité des femmes au sein du CRIF ? Plusieurs suggestions sont proposées par nos interlocuteurs : un plus grand engagement des femmes au sein des appareils associatifs, une formation au leadership, un aménagement des horaires de réunion sans rien perdre de leur efficacité, un quota obligatoire minimum voire une parité imposée et, ajoute le Président national du CRIF, des campagnes plus fortes de la part des femmes lorsqu’elles se présentent à l’échelle nationale.

Quant à la déléguée nationale du Var- Côte d’Azur, elle relève que " dans cet univers d’hommes, il faut se faire accepter en tant que femme, faire preuve de pugnacité et de subtilité ; il faut " jouer " avec nos armes en étant honnête, présenter les choses différemment et négocier en permanence. ".