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FEMME ET JUDAÏSME

Parité leadership/1

WIZO FRANCE - 12.03.2010

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27 entretiens ont été effectués portant sur 12 villes auprès principalement de présidents de communautés, de consistoires et du CRIF.

Quel est le pourcentage d’inscrits aux communautés consistoriales ? Cette question était posée à titre indicatif et n’avait nulle prétention exhaustive. Relevons toutefois qu’à l’exception de Strasbourg et de Nîmes qui annoncent que les deux tiers des Juifs de leurs villes sont inscrits à la communauté, les 5 autres interlocuteurs qui ont répondu à cette question relèvent que la moitié seulement des Juifs de leurs cités sont affiliés à leurs Communautés (Belfort, Metz, Sarcelles, Nice, Tours).

Les femmes peuvent-elle voter et être éligibles au sein des communautés ? Oui, mais leur droit de vote et d’éligibilité s’est acquis au fil de ces 30 dernières années de façon disparate selon les communautés.D’autre part, les droits de vote et d’éligibilité n’ont pas toujours été octroyés en même temps.

Pour Strasbourg, par exemple, les femmes ont d’abord été cooptées, puis éligibles selon un quota d’un quart des élus avant d’être pleinement éligibles.

L’éligibilité des femmes n’a pas toujours été considérée comme étant de droit et a nécessité un changement de statuts dans certaines Communautés. Mr Dreyfuss, Président de l’Association Culturelle Israélite (ACI) de Tilsitt à Lyon, précise qu’il a dû, en 2001, " modifier les statuts, lesquels ne prévoyaient pas de représentativité des femmes, la fonction d’administrateur (membre d’une commission) étant jusque-là réservée aux hommes ".

Il faut relever toutefois que leur éligibilité s’est acquise avec 2 réserves, - " adoptées par le Conseil d’Administration à la quasi unanimité et validées par l’A.G des fidèles "- notifiées officiellement dans les statuts de cette communauté : celle de ne pas faire partie de la commission des cultes et celle de ne point être Présidente de la communauté !

Ces 2 réserves sont importantes car elles persistent officiellement ou officieusement dans certaines communautés.

Y a-t-il un quota imposé aux femmes pour être élues ? Il n’y aurait plus aucun quota de femmes éligibles (Belfort, Besançon, Lyon, Metz, Nîmes, Paris, Strasbourg et Tours) si tant est que tel fut le cas, comme à Strasbourg où les femmes ne pouvaient représenter qu’un quart des élus. Le problème fut d’ailleurs épineux lorsque les femmes furent élues avec d’excellents scores pour plus de moitié des élus…. Le Grand Rabbin dit avoir supprimé le quota dans les années 90 .

L’éligibilité des femmes, comme leur droit de vote au sein des communautés, est le fruit d’une évolution voire de combats dont l’histoire mériterait d’être retracée.

Les femmes font-elles partie de toutes les commissions ? Non, dans certaines communautés, elles ne peuvent faire partie des commissions cultuelles ou touchant aux questions religieuses (abattage rituel ou cacherout).

Les femmes peuvent-elle être présidentes de commissions ? Oui, pour la majorité des interlocuteurs qui ont répondu à l’enquête (Belfort, Lyon, Metz, Sarcelles, Strasbourg et Tours) – à l’exception de Nîmes. Elles sont responsables de la rédaction du Journal (Belfort), de la commission Enseignement (Strasbourg), jardin d’enfants, Talmud Thora (Paris 15ème ). Elles sont vice-présidentes des Communautés de Strasbourg et de Chasseloup Laubat dans le 15ème. Le Président de la Communauté de Tilsitt rappelle, bien évidemment, qu’elles peuvent être présidentes de toutes les commissions à l’exception de celle du culte.

Les femmes peuvent-elle être Présidentes de communautés ? Aucune femme n’est ou n’a été Présidente des Communautés interrogées pour cette enquête (Belfort, Besançon, Dijon, Lyon, Metz, Nîmes, Sarcelles-, Strasbourg, Tours). Et il semblerait, sauf exception qui reste à vérifier2 , que ce soit le cas pour toutes les communautés consistoriales de France. Il existe actuellement une femme, Mme Martine Saada, qui figure dans les statuts de la Communauté de Charenton, en qualité de Vice-Présidente, mais qui, dans la réalité, assure la co-présidence.

Le fait qu’elles ne puissent être Présidentes n’est pas toujours officiellement inscrit dans les statuts des Communautés, à l’exception de Strasbourg et de Tilsitt à Lyon.

Pour quelles raisons ne le sont-elles pas ?
- Pour la communauté de Tilsitt, afin que les femmes " n’aient pas autorité sur les rabbins ".
- Y-a-t-il une restriction rabbinique à ce qu’une femme soit Présidente d’une communauté ? Les avis diffèrent : " Aucune " répondent le Grand Rabbin de Metz et le rabbin de Tours. " Il y a une restriction des rabbins à ce sujet " affirme au contraire le Président de Tilsitt (Lyon). Mais, comme il ajoute que " pas uniquement de leur part, d’autres administrateurs sont encore plus réticents ".
- En fait, l’argument majoritairement avancé est l’impossibilité pour une femme d’évoluer dans l’espace central de la synagogue réservé aux hommes dans le cadre des synagogues consistoriales et donc, d’assurer les fonctions attribuées à un Président, comme celles de parler en public ou de s’asseoir à la place honorifique qui lui est habituellement dévolue dans cette enceinte. Les femmes sont reléguées derrière une mehitsa, ( barrière de séparation ) et n’évoluent pas dans l’enceinte principale.

Mais, cette impossibilité pourrait faire l’objet d’aménagements. De quel ordre ? Les rabbins, même si l’un ou l’autre a pu l’évoquer, n’ont pas été assez prolixes sur le sujet. Peu de femmes élues dans les diverses commissions ? Le nombre de femmes élues et donc présentes au sein des commissions est en général peu élevé : 4 sur 18 (Strasbourg), 2 femmes sur une quinzaine de membres élus (Aix, Lyon), 2 sur 8 (Tours) et 1 seulement à Metz et Nîmes.

Faible représentativité des femmes ? Pourquoi ? A toutes les raisons que nous venons de mentionner, s’ajoutent :
- une histoire récente de leur accès au vote et à l’éligibilité
- une restriction à les laisser accéder à toutes les commissions ou/et à la Présidence
- un conservatisme qui pèse sur les hommes comme sur les femmes sans doute aussi, encore victimes d’une représentation sectaire des rôles des femmes et des hommes.

Les femmes peuvent-elles voter pour les élections du Consistoire ? Oui, à condition d’être inscrite à la communauté ; cependant, n’est comptée semble-t-il, qu’une voix par famille ; mais comme le relève le Président de Besançon : " rien n’empêche l’épouse ou une femme seule de voter ".

Leur droit de vote est toutefois récent - entre 10 et 20 ans - comme le rappellent 2 femmes interviewées (une femme du Consistoire de Dijon et une déléguée du CRIF). Les réponses sont variées de la part des divers interlocuteurs (Présidents de Consistoires, de communautés, rabbins ou délégués du CRIF).

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