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FEMME ET JUDAÏSME

NOA oser le dire / 1

WIZO FRANCE - 03.09.2010

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Qui aurait pu penser que quelques mois seulement après la publication de l’enquête diligentée par la WIZO et conduite par Sonia Sarah LIPZYC, sociologue, les responsables du monde communautaire allaient conjuguer leur talent et leurs compétences au profit d’une cause : la violence faite aux femmes.

La WIZO et la Coopération Féminine en partenariat avec le FSJU, le CASIP-COJASOR, l’OSE et ICJU ont organisé le 29 janvier 2007 à l’espace Rachi, un colloque sur le thème : " la violence faite aux femmes, parlons-en ".

8% des femmes portent plaintes
Dominique VERSINI, défenseur des enfants, ouvre ce colloque en insistant sur le fait que les violences conjugales ne concernent pas uniquement le couple. Les enfants sont au cœur de cette violence. Ils souffrent et subissent de lourdes conséquences. " Un homme, dit-elle, qui maltraite sa femme, apprend la violence à ses enfants ". Pourtant, seulement 8 % des femmes portent plainte et seul 6 % de ces plaintes ont des suites judiciaires.

Pourquoi des chiffres aussi faibles ? Et pourquoi ce silence des femmes ? Elle pense que lutter contre la violence s’inscrit dans une perspective plus large (historique et sociologique). " La violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiques qui ont abouti à la domination des femmes par les hommes et à la discrimination et ont ainsi freiné la promotion des femmes… "*

* Convention de l’ONU pour l’élimination des discriminations à l’encontre des femmes

Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs, l’ensemble des institutions et des acteurs de la société ont affirmé la volonté de ne plus ignorer la violence conjugale. Pour conclure, il convient, dit-elle de repenser la place de la femme dans la société.

La violence existe chez nous aussi
Pour Nathalie COHEN-BEIZERMANN, Présidente de WIZO France, la WIZO, à l’image de la WIZO Mondiale, dont le siège est en Israël, a pour vocation également de se préoccuper du statut des femmes au sein de la Communauté Juive. Avec la participation de la sociologue, Sonia LIPSYC, elle a mis au point une enquête nationale relayée par les réseaux bénévoles de la WIZO et abordant les thématiques de la parité, du guet et bien entendu, celle des violences conjugales.

Après cette étude et la réflexion entamée en 2006, elle a souhaité que 2007 soit l’année de l’action. " Entreprendre d’aider les femmes victimes de violence est une lourde tâche, un travail de terrain qui ne peut provenir d’une seule organisation de bénévoles ".

C’est pour cette raison que la Wizo et la Coopération Féminine ont uni leurs forces et celles de tous les acteurs professionnels et bénévoles pour éradiquer le problème de la violence et venir en aide à des milliers de femmes qui souffrent. Il n’y avait pas de doute, dit-elle, et l’enquête nous a confortées dans cette idée, la violence existe chez nous AUSSI. Le faire admettre constitue la première pierre à l’édifice que nous allons construire.

La violence existe aussi dans les milieux orthodoxes, c’est un constat dit Nathalie COHEN-BEIZERMANN mais elle n’est pas inhérente au judaïsme. Elle est le seul fait des individus.

" Violence propre "
Docteur Marie-France HIRIGOYEN, psychiatre-psychothérapeute, a exposé comment la violence se met en place. Pour elle, l’enjeu de la violence, c’est toujours la domination. Quatre phases ponctuent la violence : une phase de tension, une phase d’agression, une phase d’excuses, une phase de réconciliation.

Il n’y a pas de violence physique sans qu’il y ait, en même temps ou auparavant de la violence psychologique. Elle précise que la violence psychologique n’est pas l’apanage des hommes, les femmes savent très bien y recourir. Les procédés de violence psychologique sont multiples et nombreux : attaquer l’identité, contrôler, menacer, harceler, faire peur, isoler physiquement et psychologiquement…

La violence psychologique, c’est une violence
" propre, on ne voit rien ", il n’y a aucune preuve de la réalité subie. La violence sexuelle, quant à elle, est tue, passée sous silence, parce qu’elle est encore considérée comme incluse dans le pacte qui unit un homme et une femme.

Si les femmes acceptent la violence, si elles ne partent pas c’est parce que certains éléments entrent en jeu : elles s’adaptent à la violence, elles culpabilisent, elles sont parfois dépendantes financièrement.

Mme HIRIGOYEN, est convaincue que pour que la violence disparaisse dans nos familles, il faudrait que le groupe social tout entier ne perpétue pas le schéma de domination / soumission à tous les niveaux.

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