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Mixite hommes femmes en danger/2

WIZO FRANCE - 20.05.2013

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Une femme peut-elle donner un cours de Torah devant un public mixte ? A la synagogue ? Nous mesurons la proximité de cette question avec la question précédente, toutefois, celle-ci est encore plus précise dans la mesure où il s’agit clairement d’un enseignement d’ordre spirituel. Non pour la majorité des interlocuteurs, 8 interlocuteurs sur 12 répondent négativement à cette question (Lyon, Marseille). Les raisons de leur refus sont : • " Une femme ne peut pas donner un cours de Torah devant un public mixte ni à la synagogue ni au cours d’un kiddouch " (le rabbin de Tours). Sans autre explication. • Le directeur de l’école talmudique de Marseille avance " que la voix d’une femme est sensuelle donc perturbatrice ".

Parmi les 4 qui répondent positivement, relevons la réponse du Président de Strasbourg qui dit oui sans restriction. 2 autres en admettent la possibilité mais reconnaissent qu’elle n’est pas mise en pratique. Il s’agit de la femme du rabbin de Dijon et le rabbin de Monaco : " On n’a pas le cas, mais quelqu’un comme Catherine Chalier ce serait un privilège de l’écouter ". Car il est certain qu’il existe en France des femmes de qualité pouvant dispenser un cours de Torah. Le rabbin de Sarcelles et aussi le Grand Rabbin de Metz qui avaient répondu négativement précisent que la prise de parole publique d’une femme, dans le cadre d’un enseignement spirituel, serait possible lors d’une Bat Mitzvah ( et non d’une Bar Mitzvah ) en dehors des offices ou au cours d’un enseignement de Talmud Torah, mais il s’agit là d’un enseignement à des enfants ou à des adolescents.

Au cours d’un kiddoush ?
- 5 personnes sur 9 répondent positivement, à l’exception de Metz et Strasbourg où le Président précise " à condition que ce ne soit pas dans la synagogue ", il s’agit de réponses théoriques : " ça pourrait se faire mais ça ne s’est jamais fait… ".
- L’autre moitié répond que ça ne se fait pas comme à Marseille ou à Tours, sans explication.

Dans le cadre d’un cours pendant la semaine ou les fêtes ? L’intérêt de cette question est qu’elle met de côté la problématique de l’espace synagogal, et pourtant les réponses sont partagées. 4 interlocuteurs sur 9 ne l’envisagent pas pour leurs communautés (Marseille, Sarcelle, Synagogue Chasseloup-Laubat pour le 15ème). Parmi les 5 autres, il semble que cela soit possible à Besançon, Metz, Lyon (Tilsitt) et Dijon. Mais est-ce que cela s’est déjà produit ? " Pas pendant les fêtes " pour Lyon (Tilsitt), seul le rabbin de Monaco relève que c’est déjà arrivé sous la soucca pendant les fêtes de Souccot.

Dans votre communauté, invite-t-on une chanteuse pour un concert ? Oui, pour l’ensemble des interlocuteurs, 9 sur 13, à condition bien sûr que ce ne soit pas à la synagogue et pour certaines communautés, comme celles de Montpellier ou Chasseloup-Laubat, si c’est à l’initiative d’associations. Concernant ce point, la distinction entre les communautés consistoriales, et consistoriales de sensibilité ultra orthodoxes, est bien marquée (Sarcelles, Marseille, Lyon). Pour ces dernières, une femme ne peut chanter que devant un public de femmes.

Dans votre communauté, y a-il des soirées dansantes en particulier pour jeunes ? 9 réponses sur 15, sont négatives, soit parce qu’il s’agit de communautés consistoriales ultra orthodoxes, soit parce qu’il n’y a pas de salle indépendante au centre communautaire, dans lequel se trouve la synagogue, ce qui semble être un problème pour ces communautés. Parmi les 5 autres communautés qui ont répondu positivement, elles organisent des soirées dansantes dans leurs centres communautaires, ou se donnent les moyens de l’organiser à l’extérieur. L’un des buts clairement exprimés de ces soirées est de susciter des rencontres entre garçons et filles afin qu’ils se connaissent et se marient entre Juifs comme le rappellent le Président de la communauté de Strasbourg et le rabbin de Monaco.

Pour conclure, nous avons commencé à défricher le terrain. Nous parviendrons, avec toutes les bonnes volontés réunies, à faire sortir de l’ombre toutes ces femmes qui souffrent en silence, pour l’obtention de leur guet ou suite à des violences. Mobilisons-nous pour une représentativité des femmes dans les institutions. Luttons pour sauvegarder la mixité.

Ce n’est que dans la complémentarité que nous réussirons à atteindre nos objectifs.

Yvette Sebbag