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FEMME ET JUDAÏSME

Mixité hommes femmes en danger/1

WIZO FRANCE - 11.03.2010

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19 entretiens ont été effectués, portant sur 12 villes, auprès, principalement, des présidents de communauté et des rabbins.

Pour une conférence culturelle, la mixité est-elle respectée dans les centres communautaires ? Oui puisque 12 interlocuteurs sur 17 répondent positivement à cette question.

Il faut cependant relever :
1/ La vigilance des Présidents de communautés voire d’un public à ce sujet. Le Président de la communauté de Besançon rappelle que sa communauté avait menacé de faire " une grève synagogale " si le rabbin souhaitait imposer une séparation des hommes et des femmes au sein d’une même enceinte. " Il est certain " dit-il " que les rabbins sortant du séminaire sont instruits dans le fondamentalisme. Il faut savoir résister, ne serait-ce qu’en refusant d’engager les plus " noirs " d’entre eux.

Je l’ai fait en tant que président. ". Le problème semble d’ailleurs se poser à Belfort où le jeune rabbin recruté a imposé la séparation entre les hommes et les femmes, pour un concert, au sein de la synagogue, pour des kiddouch, des repas shabbatiques ou des activités pour les jeunes, dans le centre communautaire.

2/ L’écart entre des communautés consistoriales traditionalistes et des rabbins qui tendent de plus en plus à imposer des normes ultra orthodoxes comme la séparation des sexes.

La problématique qu’illustre bien l’exemple de Belfort est l’écart entre un rabbin consistorial d’une sensibilité ultra orthodoxe et une communauté consistoriale d’obédience certes orthodoxe mais d’une pratique traditionaliste.

3/ Nous n’avions pas pris la précaution de préciser si la conférence culturelle se tenait à l’intérieur ou à l’extérieur de la synagogue.

Outre Belfort, 4 autres interlocuteurs qui ont répondu négativement à cette question sont ceux de Marseille. Nous ne savons pas à quelles communautés ils appartiennent, mais dans 3 cas sur 4 il s’agit de communautés consistoriales. Cette orientation ultra orthodoxe est-elle spécifique à cette ville, 2ème communauté juive de France, ou représentative de la tendance actuelle précitée ? A Monaco, en tout cas, le rabbin précise que, dans la synagogue, la non mixité n’est demandée que dans le cadre de prières pendant les offices, et non par ailleurs, pour les mariages par exemple. Et pour les commémorations ? En effet, que se passe-t-il si c’est une femme qui représente les autorités officielles (préfet, maire, ministre) ? Devra-t-elle être reléguée derrière la barrière de séparation ?

Pour une conférence à thème religieux, la mixité est-elle respectée dans les centres communautaires ? Non, si cette conférence se tient à la synagogue en tout cas pour les 8 interlocuteurs qui le précisent (Marseille, Montpellier, Metz, Paris 15ème, Sarcelles, Strasbourg).

Une fois de plus, l’espace de la synagogue tend à être un lieu d’où la mixité est exclue. Signalons toutefois qu’à la différence de la prière, où les femmes se trouvent derrière une mehitsa, barrière de séparation, il semblerait que pour les conférences culturelles ou religieuses, il n’y ait point dans certaines communautés de mehitsa et les femmes peuvent descendre dans l’enceinte principale, en se tenant séparée des hommes. A quoi est due cette séparation quasi systématique des hommes et des femmes pour une conférence à thème religieux ? " aux directives orales du rabbinat " précise le Président d’une synagogue du 15ème arrondissement de Paris confirmant ainsi l’orientation actuelle du Grand Rabbinat. Ou à " l’exigence de l’intervenant " modère le Grand Rabbin de Metz. Le rabbin Berros de Sarcelles relève , " que les femmes se mettent de façon spontanée d’un côté mais il pourrait y avoir mixité, nous n’imposons rien ". Cette spontanéité n’est-elle pas le signe déjà d’une norme ?

En effet, il est difficile pour les femmes comme pour les hommes d’aller à l’encontre de l’autorité religieuse, aussi n’est-ce pas à cette dernière de proposer une alternative ? Nous touchons d’ailleurs là à un autre aspect important de notre problématique.
- Les 4 interlocuteurs qui ne précisent pas s’il s’agit de la synagogue répondent que ces conférences peuvent se tenir devant un public mixte (Dijon, Lyon, Tours). La réponse à cette question dépendrait donc, a priori, du lieu où elle se tiendrait.

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