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Les violences faites aux femmes/2

WIZO FRANCE - 24.05.2013

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Quelle est l’attitude des interlocuteurs, en particulier des rabbins ? L’écoute et la mise en confiance.
Elles sont réelles. A l’exception d’un rabbin ashkénaze qui a conseillé à la femme de demander immédiatement le guet. En outre, il précise que ce n’est pas là l’attitude qui prédominait chez les rabbins séfarades : les rabbins essayent avant tout de réconcilier le couple.

Aller parler à l’homme violent
Certains rabbins prennent parfois l’initiative d’aller parler à l’homme violent quand ils ont ouï dire que son comportement était violent. Les femmes, cependant, n’acceptent pas toujours cette démarche lorsque les rabbins la leur proposent, par honte d’avoir dénoncé leur mari ou par crainte de représailles du mari.

Conseiller aux femmes de s’orienter vers les services sociaux
Les rabbins reconnaissent en général leurs limites et conseillent, selon les cas et surtout selon leurs connaissances des services ou des personnes, de se tourner vers un médecin, la police ou un avocat. Toutefois, la disparité et parfois l’absence de réponse laissent clairement apparaître un vide à ce sujet.

Porter plainte ? Il y a sur ce point une réticence d’un nombre significatif de rabbins, toutefois pas la majorité. Elle est principalement motivée par leur souci de préserver la structure familiale (rabbin Krief ou Grand Rabbin Ouaknine) car, généralement, la plainte mène à la séparation. Ils redoutent aussi que l’autorité parentale pouvant être retirée, les enfants ne soient placés dans des familles non juives. Leur résistance est aussi justifiée par la crainte de la femme elle- même à provoquer cette séparation (rabbin Berros de Sarcelles).

Mme Taïeb du CASIP COJASOR, souligne également que le dépôt de plainte suscite un regain de violence chez l’homme et met la femme en situation de danger. En effet, rien apparemment, d’un point de vue juridique en France, n’empêcherait, à ce stade, l’homme violent de regagner son domicile conjugal et d’exprimer sa violence, en tout cas au moment où les entretiens ont été réalisés1. Aussi conseille-t-elle de faire une main courante au commissariat et de ne porter plainte que si la femme a trouvé une structure d’accueil, pour elle et pour ses enfants, ou un hébergement auprès de sa famille.

1 femme sur 10 subit des violences Quel est le pourcentage de femmes subissant des violences au sein des communautés juives ? Les interlocuteurs ont du mal à répondre à cette question, car il n’existe pas de statistiques ou d’enquêtes à ce sujet qui reste tabou. D’après Mme Fitouki, directrice du CASIN de Nice, le nombre de femmes victimes de violences au sein des communautés juives est le même que celui de la moyenne nationale : environ 1 femme sur 10.

Ce pourcentage a été confirmé par la conseillère conjugale, travaillant pour " For Home " et par un directeur d’école à Sarcelles. Précisons qu’il s’agit d’une estimation, car la source ne nous a pas été communiquée, outre l’appréciation professionnelle des uns et des autres et la similitude des pourcentages entre les communautés juive et française sur d’autres thématiques parallèles, par exemple, le nombre de familles monoparentales. Notons, comme le signalent les rabbins Teboul de Lyon, Ouaknine de Marseille et Abitan de Nice, qu’il y a un regain de violence au moment de la demande du divorce religieux (guet) qui peut se faire avant ou après le divorce civil.

" Officialiser le mal est nuisible "
Les violences faites aux femmes restent un sujet tabou au sein de la communauté juive, bien plus qu’il ne l’est ou ne l’a été d’un point de vue national. Il y a une réticence de la part de certains rabbins à parler publiquement de ce problème, considérant, comme le rabbin de Belfort ou le juge rabbinique de Lyon " qu’officialiser le mal est nuisible " et que tout ceci doit rester d’ordre privé. De fait, il y a peu de conférences sur le sujet, pratiquement aucune information, affichette ou brochure.

Quelles mesures ont été envisagées ? Michèle Taëib du CASIP COJASOR relate le travail en amont dans les écoles, sauf dans les écoles juives " où le blocus est total " relève-t-elle !

Quels services au sein de la communauté ? Le CASIP-COJASOR, l’association Maavar à Paris, des services sociaux en Province, "For Home ", ( structure de médiation familiale pour le monde orthodoxe ). Le service social de Marseille travaille avec une médiatrice familiale de la Coopération féminine, celui de Nice envisage un numéro vert.