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FÊTE DU LIVRE

ISRAEL, PEUPLE DU LIVRE

WIZO FRANCE - 23.05.2013

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ISRAËL, PEUPLE DU LIVRE


Rosine COHEN


La WIZO organise depuis chaque année, avec succès, le Salon du Livre : rencontre prestigieuse d’écrivains et écrivaines, lecteurs et lectrices autour d’œuvres littéraires parues dans le monde entier. Rappelons-nous à cette occasion que le peuple juif a porté avec fierté, et pendant toutes les générations, le titre prestigieux de « Peuple du livre ». Pourquoi ce nom ? N’avons-nous qu’un seul livre ? Dès le début de l’histoire de l’écriture, la vie du peuple, ses lois et sa doctrine furent relatées avec mille détails et codifiées dans le texte de la Bible qui deviendra le Livre par excellence. Pour nous juifs, la Bible est le livre d’exception dont l’auteur serait D.ieu lui-même et les rédacteurs, Moïse et les prophètes qui lui succéderont. Et ce livre écrit en hébreu a suscité mille et mille commentaires depuis sa parution et jusqu’à nos jours. Nommé symboliquement « les saintes écritures », il a une telle importance pour l’humanité qu’aujourd’hui dans le monde, il est le livre le plus traduit, le plus diffusé dans le plus grand nombre de langues et dialectes différents. La Bible a donné naissance à une littérature exégétique qui, en jalonnant la vie du peuple sur sa terre et en diaspora, lui a offert une dimension cultuelle et culturelle si forte que l’identité juive et les désirs de retour en Israël ont perduré à travers et grâce à elle. Une belle bibliothèque juive se doit d’être diversifiée :

- Bible,
- Talmud de Jérusalem de Babylone,
- Zohar,
- récits midrachiques,
- œuvres de Rachi qui vécu en France,
- œuvres de Maïmonide qui vécut en Espagne,
- œuvres du Gaon de Vilna en Lituanie
- œuvres de Mendelssohn en Allemagne
- œuvres de Bialik, Agnon, Appelfeld ou Amos Oz, Elie Wiesel ou Emmanuel Levinas, etc…

Aucun auteur ne doit être oublié car le judaïsme s’enrichit de la diversité : Voltaire et Victor Hugo, eux-mêmes nous ont offert d’excellents commentaires de la Bible…

Aujourd’hui en Diaspora et en Israël, de nouveaux livres paraissent chaque jour et d’anciens manuscrits sont réédités mais la Bible reste l’inspiratrice par excellence de la littérature juive et hébraïque. Israël, peuple du livre, se veut être « carrefour du livre » à l’inverse de Babel :

- Lire pour son plaisir
- Lire pour apprendre
- Lire pour éduquer
- Lire pour savoir et transmettre.

F.R Chateaubriand, dans son itinéraire de Paris à Jérusalem, exprime sa tristesse devant la pauvreté des ruelles de Jérusalem mais il exprime surtout son admiration devant les milliers de bibliothèques aperçues par les fenêtres des maisons du quartier juif.

La tradition juive nous enseigne que le monde fut créé à l’aide des 22 lettres de l’alphabet hébraïque. De combien de mots, de pensées, de livres et de réflexion ont-elles été les inspiratrices durant les 40 siècles de notre vie de peuple ? Comment ne pas être impressionnés lorsque, devant l’avancée des romains, les hommes de QOUMRAN rédigèrent et cachèrent les fameux manuscrits de la Mer Morte retrouvés, par miracle, à la veille de l’Indépendance d’Israël témoignant ainsi « par le livre » de la pérennité du peuple et de son message.

Dès l’apparition de l’imprimerie, des livres furent publiés, traduits et voyagèrent d’une communauté à l’autre ; seule la Thora, le livre par excellence, se doit d’être encore écrit à la main, sur un parchemin afin de nous enseigner que la parole divine a été donnée à l’homme pour qu’il l’écrive, l’étudie et la transmette, faisant de chacun de nous une bibliothèque vivante.