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FEMME ET JUDAÏSME

Divorce religieux ou guet/2

WIZO FRANCE - 12.03.2010

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La femme peut porter plainte auprès des tribunaux civils
Après l’échec de toutes ces tentatives, le tribunal rabbinique conseille à la femme de porter plainte auprès des tribunaux civils pour dommages et intérêts. Il lui délivre, alors, un certificat de carence, tel est le cas à Paris, c’est à dire, une lettre qui constate la non présentation du mari devant le tribunal, malgré les nombreuses convocations. Mais, comme le précise le Président du Consistoire de Lyon, " cette contrainte financière (…) peut être ordonnée sans préjuger du résultat du guet ". Et le mari peut même se rendre insolvable… Cependant, ces mesures peuvent être dissuasives.

Les femmes achètent-elles leur guet ? Oui, les femmes achètent leur guet à leur mari en renonçant principalement à des acquis octroyés par le divorce civil. Cette réalité est connue des rabbins même s’ils nuancent généralement le terme, préférant dire que les femmes négocient leur guet… Ils peuvent regretter cet état de fait comme le Grand Rabbin de Metz mais, lorsqu’ils avancent une explication, elle est le plus souvent à décharge du mari. Et puis si cette pratique peut être une solution pour obtenir le guet, comme le dit l’un d’entre eux, " on les encourage à négocier avec leur époux ".

Qu’est-ce qui est mis à la disposition des femmes ?
Pour les informer …
Le manque d’informations des femmes au sujet du guet est patent. Il ne s’effectue pas au moment de la préparation au mariage – les rabbins n’y sont pas favorables par superstition - et elles ne bénéficient pas d’informations judicieuses à ce sujet au moment de leur divorce civil. Elles ne savent pas, par exemple, et très souvent leurs avocats non plus, qu’elles doivent inclure la demande de guet dès le dépôt de la demande de divorce civil. Ainsi cette astuce leur permettra de prouver plus aisément l’intention de nuire de la part de leur mari.

Pour les aider…
Outre, l’accueil rabbinique et celui de l’association Chaar, au Consistoire de Paris, animée par deux thérapeutes, rien n’est mis à la disposition des femmes pour les informer de leurs droits en amont des divorces civils ou religieux, pour les familiariser avec le tribunal rabbinique, les soutenir moralement ou les accompagner.

Un homme peut-il se marier religieusement si sa femme refuse de recevoir le guet ? Oui en demandant une autorisation rabbinique. Si il a la permission de trois rabbins pour les séfarades et de 100 pour les ashkénazes. La mesure est exceptionnelle mais elle existe. Oui car le tribunal rabbinique rédige avec l’accord du mari un guet avec ou sans le consentement de la femme.

Une autre pratique rabbinique, à double tranchant pour la femme, permet à l’homme de se remarier religieusement sans avoir à être bigame. Dans certains cas, pour des motifs divers, les tribunaux rabbiniques de France rédigent le guet en dépit du refus de la femme de l’accepter ou de venir le chercher. Si la femme refuse de venir pour le guet, sans motif, après 3 courriers, le tribunal rabbinique peut prendre la décision, à la demande du mari, de rédiger le guet et celui-ci restera à sa disposition ; le mari nomme un mandataire qui le lui remettra ". dit le rabbi Braka du Consistoire de Paris.

Ce guet connu sous le nom de " guérouchin al yede zikkouy ha-isha " implique que la femme est répudiée avec ou sans consentement. L’homme peut ainsi se remarier. Quant à la femme, si elle a alors des relations avec un autre homme, elle n’est pas considérée comme adultérine – ce qui est le cas si elle a des relations durant la période d’attente du guet - et l’enfant issu de cette relation n’est pas mamzer, il pourra alors se marier avec un juif ou une juive.

Il reste que contrairement à l’édit rabbinique de Rabbénou Gershom dit Méor Hagola (950-1028), le consentement de la femme n’est pas obligatoire.