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FEMME ET JUDAÏSME

Divorce religieux ou guet/1

WIZO FRANCE - 12.03.2010

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L’enquête s’est déroulée quasi majoritairement dans les milieux consistoriaux auprès principalement de rabbins. Des représentants du tribunal rabbinique (Beth Din) de Lyon, Marseille, Paris et Strasbourg, ont été en particulier interviewés.

22 entretiens portant sur 12 villes

30% des divorces parmi les Juifs de France
Cette moyenne des divorces religieux, des couples juifs, serait équivalente à la moyenne nationale.

Combien de femmes agounot en France ? Lorsque tout se passe bien, le guet est délivré rapidement après le divorce civil. Son coût couvre la prestation du scribe qui rédige le guet sur un parchemin.

Il est difficile d’avoir le nombre exact d’agounot (femmes qui attendent leur guet) car il n’y a pas de statistiques officielles à ce sujet, par manque d’habitude, d’organisation ou de transparence. Toutefois, des rabbins des tribunaux rabbiniques de Marseille et de Paris estiment qu’il est significatif et " peut-être important " : 30% (Marseille) des femmes divorcées civilement attendraient leur guet refusé par leurs maris, alors qu’il serait de 10% à Paris.

5 à 6 semaines à toute une vie !
Lorsque les époux sont d’accord, le délai d’obtention du guet après le divorce civil et dès l’ouverture du dossier au tribunal rabbinique, est de 5 à 6 semaines. Si le mari ne donne pas le guet, le temps d’attente pour la femme varie entre quelques mois, des années ou toute une vie. Aucun interviewé n’est dupe du temps tout-à-fait variable que peut prendre un mari à donner un guet à sa femme.

Quel est le mode de convocation ? La convocation des conjoints par le tribunal rabbinique s’effectue par courriers : 2 lettres simples puis l’envoi d’une lettre recommandée, avec accusé de réception, voire d’une seconde lettre du même type.

Le mari ne se rend pas à la convocation du tribunal rabbinique !
Les rabbins parlent au mari en essayant de le convaincre… L’intervention des rabbins et des juges rabbiniques auprès du mari est citée à chaque stade de la procédure du divorce religieux. Ils lui parlent de visu ou le plus souvent par téléphone. Ils usent d’une pression morale, religieuse (quel que soit d’ailleurs le degré de croyance ou de pratique du mari) et sociale auprès de lui, de sa famille ou de ses amis afin, de le convaincre de se rendre au tribunal rabbinique. Toutefois, le taux de réussite de ces différentes démarches, est variable voire aléatoire.

Et le niddouy ? L’autre recours qu’auraient les rabbins pour induire l’homme à donner le guet est le niddouy : interdire au mari récalcitrant l’honneur de monter à la Thora, d’assumer ou de participer à des activités communautaires, inciter à ne pas être professionnellement en contact avec lui. Les rabbins, dans leur ensemble, n’y sont pas favorables pensant, entre autre, que cette pratique serait mal vue par leurs communautés. Notons, toutefois, que le juge rabbinique de Marseille a refusé de renouveler la teoudat de cacherout à un mari récalcitrant propriétaire d’un commerce et que cette mesure a porté ses fruits.

Les rabbins conseillent à la femme de faire appel aux services d’un huissier Mais, aucun membre du tribunal rabbinique ne se sent autorisé à le faire au nom de ce même tribunal pensant " que la mise en confiance est préférable à tous les autres moyens " dit le rabbin H.Krief, responsable de l’état civil religieux au Consistoire de Marseille, ou parce qu’il considère comme le rabbin S.Malka, du service des divorces au Consistoire de Paris que le tribunal rabbinique " n’est pas habilité à le faire ".

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